Les spectacles français au Festival d’Athènes

Le Festival d’Athènes et d’Épidaure 2018 vient de dévoiler son programme de festivités, qui commencera le 1er juin. Au menu : des dizaines d’artistes dont Sting ou Nana Mouskouri, mais aussi des Français qui feront le déplacement. Bonjour Athènes vous présente leurs spectacles « Made in France ».
TALOS – Arkadi Zaides
Né en Biélorussie, Arkadi Zaides a émigré de son pays et vit actuellement en France. TALOS est le résultat de deux ans de recherche, impliquant Zaides et son équipe de chorégraphes, dramaturges, vidéastes et experts en intelligence artificielle. Cette performance interroge la relation entre le mouvement, les nouvelles technologies et le futur des frontières. Le projet est basé sur TALOS, un système de surveillance financé par 10 pays de l’Union Européenne en prévention du franchissement illégal des frontières. Dans la veine des interprétations précédentes de Zaides, TALOS est conçu comme une lecture-performée, soulevant des questions cruciales telles que : Quelles sortes de chorégraphies surviennent à proximité des frontières ? Comment ces stratégies de restrictions aux frontières manipulent le corps humain, constituant ainsi une nouvelle chorégraphie ?
Le nom de TALOS vient du géant forgé par Héphaïstos Talos, qui protégeait la princesse Europe dans la mythologie grecque.
1993 – Julien Gosselin et Aurélien Bellanger
Le jeune directeur français Julien Gosselin est déjà venu deux fois au Festival d’Athènes : la première fois avec son adaptation de 2666 de Roberto Bolaño (2016), puis son adaptation du livre Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq (2017). L’artiste de 30 ans revient cette année avec 1993, un travail écrit par l’écrivain du moment, Aurélien Bellanger. Cette nouvelle performance questionne les mythes contemporains européens, se concentrant sur deux tunnels transfrontaliers qui ont marqué l’Europe. Le premier « tunnel », pour ainsi dire, se trouve à la frontière franco-suisse : le CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire) exploite un énorme accélérateur à particules. Le second est le tunnel sous la Manche, un tunnel reliant la Grande Bretagne à la France, générant ainsi un nouveau continent symbolique. Initialement, ces deux constructions ont été perçues comme d’énormes réalisations. Maintenant, elles sont identifiées comme des problèmes. Depuis quelques années, le camp de réfugiés à Calais a contribué à cette image négative. Au lieu de faciliter la vie, ces deux constructions n’ont seulement servi qu’à déstabiliser le flux des humains et des marchandises, créant de nouvelles routes chaotiques, et faisant basculer le mythe de « l’Europe unie ».
Sing the Positions – Ioannis Mandafounis et Manon Parent
Longtemps un des favoris du Festival d’Athènes, Ioannis Mandafounis revient avec un tout nouveau projet, offrant une fusion unique entre un spectacle de danse et un concert de musique. Mandafounis et sa partenaire Manon Parent vont s’inspirer de leurs méthodes d’improvisation et prendre possession de la scène avec la danse, en combinant chansons et paysages sonores créés sur le moment dans le but de s’adapter à chaque scénario qui se présente lors de la performance. En parcourant divers paysages sonores, allant de l’opéra classique à la musique expérimentale, les interprètes partagent avec le public un sentiment de légèreté, enjoué voire enfantin. Depuis sa création en août 2017, Sing the Positions a été présenté 25 fois dans sept théâtres, sept villes et trois pays.
enfant – Boris Charmatz
Boris Charmatz, une star de la danse contemporaine avant-gardiste, défie la notion de multiplicité en soulevant une simple question : est-ce possible d’avoir un mouvement physique sans utiliser ses muscles ? S’appuyant sur des recherches sur les machines, la nouvelle œuvre de Charmatz est une chorégraphie menée par des corps abandonnés, métaphorisés par des enfants : des êtres fragiles, malléables et incontrôlables. Les danseurs adultes, au son de la cornemuse, transportent les enfants à travers la scène, générant ainsi un paysage de métamorphoses. Le mouvement est important tout au long de la pièce à la fois dans sa forme humaine que sa forme mécanique.
Chloé Moglia – Horizon
Nos vies sont constamment suspendues à un fil – le fil du temps. Pour Chloé Moglia, rester suspendu dans les airs est une façon de vivre ici et maintenant, une manière de donner du sens et de la densité aux choses qui nous entourent.
En ayant étudié la céramique, le trapèze et les arts martiaux, l’artiste française a fondé en 2009 le groupe Rhizome. Lors de ses performances, elle puise dans son expérience dans les arts martiaux et le trapèze pour affronter la notion de vide, cherchant cette sensation spéciale, insaisissable, seulement palpable grâce au silence. Horizon, représentation exécutée par Moglia elle-même, est une performance impressionnante à couper le souffle, se concentrant sur une fine ligne d’acier : un spectacle qui demande notre attention immédiate. La condition d’être suspendu dans les airs, accroché à la vie génère un monde de contrastes – au-dessus et en dessous, l’action et le repos, insignifiant et tragique. Les muscles sont révélés dans toute leur vulnérabilité et leur force.
Laissez vos commentaires ...